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Comédienne, metteur en
scène, écrivain et scénariste,
Agnès Yobregat dévore les livres et les films
sur New York, sa ville préférée. Elle
est la bloggueuse du site leschroniquedagnes.com.
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AGNES,
LOVES NEW YORK
Le livre est à la page !
Oubliez les vernissages d'art contemporain ! La tendance du moment
à New York, ce sont les Book Clubs. Agnès a
testé !
Mon voisin est un hispter ! Entendez par là un jeune
homme ultra-branché, aux alentours de la trentaine, vêtu
comme une star de rock, cultivant un style négligé
très élaboré et travaillant dans un secteur qui
n'existait pas avant Internet.
Mon voisin ne suit pas les tendances, ils les anticipe ! Le week-end,
au lieu de boire une bière entre copains au bar du coin, il se
faufile dans l'arrière-cour d'une taverne de Williamsburg et
déguste des alcools fabriqués sur place. Les
distilleries semi-clandestines : la dernière sensation qui
fait fureur à Brooklyn ! Ensuite, il va dans des
soirées tellement hype qu'elles ne sont annoncées nulle
part ; il court à tous les concerts de rock alternatif,
surtout s'ils ont lieu dans des endroits improbables (ancienne
tannerie ou piscine municipale...) ; il fréquente une foule de
gens, tous plus ou moins artistes, aux looks invraisemblables ; il
reçoit des invitations pour les soldes privées de
jeunes créateurs et les jette à la poubelle (moins 75%
avant tout le monde, c'est ringard !). Bref, mon voisin m'agace un
peu, mais c'est une mine d'informations sur tout ce qui est tendance
à New York. Et ce qui est tendance en ce moment, me dit-il,
c'est le Book Club !
"Du roman à l'écran"
Qui l'eut cru ?... Un Book Club consiste à se réunir
en petit groupe, chez les uns ou les autres, pour débattre de
ses dernières lectures. Concept certes tout à fait
intéressant, mais de là à être the
place to be pour les jeunes branchés
Moi, j'aurais
plutôt opté pour les distilleries de Brooklyn... Je ne
suis définitivement pas à la page ! La réunion
littéraire est, apparemment, LE nouveau lieu de rencontre !
Fini les bars et les vernissages d'art contemporain, bonjour les
débats passionnés sur le renouveau du romantisme chez
les auteurs du 21ème siècle !
Le thème* de la réunion de ce soir est, heureusement,
plus à ma portée : du roman à l'écran !
Mon voisin a bien fait les choses : une quinzaine de jeunes gens
naviguent dans son salon entre le canapé, où la
discussion s'enflamme autour de l'adaptation de Millenium avec
Daniel Craig, et le buffet "Vin et Fromages" où je suis en
train de me demander si je dois vraiment me lancer dans une apologie
du Seigneur des Anneaux (pas loin de 12h de film, en version
longue, ça fait beaucoup quand même...). Peut-être
devrais-je m'en tenir à donner mon avis sur la question
récurrente de la soirée : un mauvais roman donne-t-il
forcément un mauvais film ? (La réponse est : non !
Mais, à l'inverse, quand un bon roman donne un mauvais film,
là c'est vraiment triste !)
Shakespeare et Al Pacino
En fait, voulez-vous que je vous dise ?... J'ai passé une
excellente soirée ! Le Book Club s'avère être un
formidable prétexte pour rencontrer des gens
intéressants et discuter avec eux. Personne ne m'a
regardé avec des yeux ronds quand je me suis lancée
dans une comparaison passionnée entre la nouvelle de Philip K.
Dick, "Les Androïdes rêvent-ils de moutons
électriques ?", et son adaptation à l'écran
Blade Runner (un des meilleurs films de L'UNIVERS !) Certains
ne connaissaient ni le bouquin ni le film, mais j'ai su me montrer
convaincante, je crois.
A un moment, un jeune homme, vêtu d'un gilet qu'il avait du
piquer à son grand-père, s'est mis à parler de
Shakespeare et du film Looking for Richard d'Al Pacino.
Franchement, entendre Shakespeare et Al Pacino dans la même
phrase, moi, ça me rend complètement dingue ! Du coup,
la conversation a dévié sur Al Pacino, mon obsession
new-yorkaise personnelle (Il faudra qu'on en parle un jour...) Deux
ou trois personnes m'ont très sérieusement
suggéré de traîner du côté de
Tribeca. Sait-on jamais... Dès fois qu'il rende visite
à son copain Robert de Niro... J'ai prêté le DVD
de Blade Runner à un infographiste... Nous en
discuterons dans quelques temps
autour d'un verre d'alcool
distillé maison à Brooklyn.
* Avoir un thème n'est pas obligatoire pour
organiser un Book Club, mais plus c'est pointu, mieux c'est
!
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