Joyeux Noël… à New York !

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Avec son incroyable sapin et sa patinoire provisoire, le Rockefeller Center incarne véritablement Noël à New York. Prêt à chausser les patins ?

Agnès

Je n’arrive pas à me décider… La patinoire du Rockefeller Center me fait gentiment de l’œil. A vrai dire, c’était un peu le but de ma venue. Noël approche, j’avais dans l’idée de chausser des patins, de m’élancer sur la glace et de retenter un triple-lootz, pour la première fois depuis mon expérience ratée de 1983. A présent, je n’ose pas.
Bouche-bée, mes yeux vont des patineurs aux milliers de guirlandes clignotantes qui entourent l’esplanade, pour revenir, hypnotisés, sur le sapin de Noël géant surplombant la patinoire. Enfin, sapin, si l’on veut… Le monstre devant moi est tellement surchargé d’ampoules que c’est à peine si je distingue quelques branches par ci, par là.
Chaque année, c’est la même chose : je n’en reviens pas ! J’adore Noël ! New York se pare de mille lumières, on entend  » Jingle Bells  » en faisant ses courses et les vendeurs de hot dogs arborent des bonnets rouges. Mais, depuis plus d’un mois, New York semble avoir laissé la place à une annexe géante de l’atelier du Père Noël. Les décorations lumineuses quadrillent chaque centimètre carré de rue ; les devantures des magasins ressemblent à des paquet-cadeaux géants et je jurerais avoir vu un renne devant Pennsylvania Station… Noël, ici, est une affaire sérieuse ! Tout doit être parfait, splendide et démesuré !

Patinage artistique

Il n’y a qu’à voir ce sapin géant : plus de 22 mètres de haut, 30000 ampoules et 8 kilomètres de câbles ! Son inauguration, chaque année, est un événement retransmis en direct à la télévision. Le temps des fêtes de fin d’année, l’esplanade du Rockefeller Center devient la nouvelle attraction new-yorkaise à ne pas rater.
Effectivement, les curieux défilent devant l’arbre. Les flashs crépitent. Quant à moi, j’hésite toujours, mes patins à la main. Aussi magnifique qu’elle soit, la décoration de la ville, et particulièrement celle du Rockefeller Center, a quelque chose d’un peu intimidant. J’ai peur que mes vieux souvenirs de patinage artistique ne soient pas à la hauteur des 30000 ampoules qui brillent au-dessus de ma tête. D’autre part, beaucoup de gens filment. C’est un coup à me couvrir de ridicule sur des dizaines de vidéos inconnues…
Toujours indécise, je pense aux ouvriers qui ont eu pour tâche titanesque de décorer cet arbre. Combien de temps leur a-t-il fallu pour déployer toutes ces guirlandes ?… Et comment ont-ils fait tenir une étoile en cristal de 250 kilos au sommet du sapin ?… Au milieu de la patinoire, une jeune fille, qui ne doit pas avoir plus de 12 ans, virevolte et tournoie, aussi légère qu’une plume. Deux adolescents, lancés comme des bolides, frôlent les bords de la patinoire, négocient fermement les virages dans un balancé du corps parfaitement maîtrisé…

Un dernier regard au sapin…

D’où vient cet arbre ?… Je n’ose imaginer les moyens mis en œuvre pour trimballer ce mastodonte de son lieu d’origine jusqu’au cœur de Manhattan. A moins qu’il ne soit venu tout seul, conscient de l’honneur qui lui était fait. Ce n’est pas rien d’incarner le symbole de Noël de New York City !
Des haut-parleurs diffusent des chants traditionnels de Noël. Le sapin géant brille de mille feux. Il ne manquerait plus qu’un chœur de l’Armée du Salut ne vienne entonner des cantiques pour que le tableau soit complet. New York, à Noël, a quelque chose de… pas raisonnable ! C’est sûrement cette dernière pensée qui m’a décidé.
Arrimée aux barrières de la patinoire, les pieds fermement sanglés dans mes patins, je prends quelques secondes pour assurer mon équilibre… Encore quelques secondes pour un échauffement discret… Un dernier regard au sapin… Pas raisonnable, peut-être, mais terriblement beau et impressionnant ! Quel que soit le nombre de films sur lesquels je vais me retrouver par hasard, ça donnera à leurs auteurs matière à s’émerveiller… où à se tordre de rire… Allez, c’est parti ! Je me lance !…

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