Sur le fil…

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Le tricot et le crochet redeviennent tendance à New York ! Et ce n'est pas pour déplaire à Agnès, une spécialiste du genre. De quoi impressionner ses voisins...

Agnès

Victoire ! Je viens enfin de clouer le bec de mon voisin le Hipster ! Croyez-moi, ce jeune homme évolue tellement dans les hautes sphères de la branchitude new-yorkaise que c’est un exploit !
Petit résumé de la situation : j’ai la chance d’avoir pour voisin un garçon, graphiste-designer de son état, au courant de absolument tout ce qui se fait de mieux et de nouveau à New York. Les distilleries semi-clandestines de Brooklyn, c’est lui ! Les soirées hype de Williamburg avec des DJ dont tout le monde parlera dans quelques mois, c’est encore lui ! Les expositions d’art contemporain dans des galeries underground, c’est toujours lui !
Il m’aime bien. Il trouve mon style vestimentaire terriblement recherché dans la « French Touch décalée ». Grâce à ce malentendu (je ne vais tout de même pas lui avouer que, la plupart du temps, mon style est peut-être décalé, mais que ce n’est le résultat d’aucune recherche…), il est devenu mon informateur officiel en matière de nouvelles tendances. Moi, je me contente de suivre et de prendre des notes.

Séries télé, Al Pacino et le tricot

Mais tout a changé aujourd’hui ! Aujourd’hui, je suis passée du statut « d’élève appliquée » à celui de « défricheuse de tendances » ! Même si, une nouvelle fois, il s’agit d’un énorme quiproquo, mais ça, mon voisin le Hipster n’est pas obligé de le savoir…
J’ai quelques passions que je considérais jusqu’à présent comme assez inavouables : les séries télé, surtout celles impliquant des extra-terrestres (les meilleures !), Al Pacino (le plus grand acteur de l’UNIVERS !), le tricot et le crochet.
Mon voisin ne comprend pas mon obsession pour les séries télé (il ne regarde pas la télé, il n’en a pas… Quel snob !) ; il s’intéresse assez moyennement à Al Pacino, mais il est devenu dingue quand il a découvert que je tricotais ! C’est que, vous ne le saviez pas (et moi non plus…), mais tricoter n’est plus une activité de mamie à faire chez soi sans trop s’en vanter pour ne pas passer pour une ringarde esseulée, mais la nouvelle lubie des jeunes citadins. Après les book-clubs, les clubs de tricot envahissent la ville ! Porter des pulls fait maison est du dernier cri. Les couvertures au crochet recouvrent les canapés de tout appartement qui se respecte… Et loin de se pratiquer presque en secret à la maison, cette activité, réservée à tort aux dames de plus de 70 ans, s’étale maintenant au grand jour. Clubs, forum, concours, expositions… Le « Granny Square » (vous savez, ces carrés au crochet…) se décline sur toutes les modes…

Superlookés et très motivés

Et maintenant, mon voisin le Hispster, le graphiste-designer le plus branché de Manhattan, me supplie de lui apprendre à tenir des aiguilles ! J’avoue qu’au début, j’ai bien cru qu’il me faisait marcher. Mais quand quatre jeunes gens superlookés et très motivés ont envahi mon salon pour un cours personnel intitulé : « Comment monter les mailles », j’ai bien vu qu’il était sérieux. Je n’en reviens pas, mais je fais comme si.
Pour l’instant, tout le monde est encore un peu maladroit concernant la double-bride, mais mon voisin a tout prévu : il espère être très vite au point dans la maîtrise des techniques de base. Il a déjà trouvé le club de tricot le plus en vue de la ville et nous a inscrit pour une prochaine réunion. Quand, à 8 ans, j’ai demandé à ma grand-mère de m’apprendre à tricoter, je ne me doutais pas que c’était pour en arriver là…L’avantage, c’est qu’il était question un peu plus tôt d’aller à un vernissage consacré à « L’Habitat Cannibale ». Maintenant, tout le monde est concentré sur son ouvrage et on ne parle plus de cette exposition. Ça m’arrange : la nouvelle saison de Mad Men débute ce soir, et moi, Mad Men, j’adore ! En plus, ce soir, il y a deux épisodes à la suite… Merci, mamie !

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