Mal de mer new-yorkais

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Se rendre sur Ellis Island n'est pas toujours de tout repos. Illustration avec notre chroniqueuse Agnès, en route vers le premier arrêt, la statue de la Liberté...

Agnès

La file d’attente est interminable et la sécurité encore plus drastique qu’à l’aéroport. Portillon, vigiles, fouille des sacs… Ça ne plaisante pas ! Du coup, prendre le ferry pour la statue de la Liberté est une excursion qui demande la moitié de la journée.
Avec les beaux jours, reviennent aussi les belles balades. Même si la balade en question se fait accompagnée de quasiment tous les touristes de New York… Que voulez-vous ? C’est la rançon du succès : la statue de la Liberté, c’est la statue de la Liberté ! Il y a aussi qu’après Liberty Island, le ferry poursuit sa route vers Ellis Island et qu’il faut absolument y aller pour visiter le bouleversant musée de l’Immigration. Enfin, à force de prendre le métro, le bus ou d’arpenter les rues, on en oublierait presque que Manhattan est une île. Prendre un bateau, même un simple ferry, remet les pendules à l’heure. En ce qui me concerne, c’est encore plus simple : j’aime bien les bateaux !

Estomac qui tangue

Sauf aujourd’hui… Je ne sais pas ce qui se passe. Le pont du ferry est tellement bondé que je n’ai pas réussi à trouver de place assise. Coincée entre une famille italienne affublée de couronnes en mousse vertes, et un couple d’amoureux qui ne se résout pas à se lâcher les mains, je m’agrippe à la rambarde en avalant de grandes bouffées d’air. Un petit vent frais, de la houle, mais sans exagérer… Je ne comprends pas ! Le Sud de Manhattan s’éloigne peu à peu, la statue se rapproche… Et ça ne va pas !
Les gens parlent fort, prennent des photos, me bousculent et me compressent… La toute petite houle fait tanguer mon estomac et ma tête… Je n’arrive pas à y croire, mais j’ai bel et bien le mal de mer sur le ferry, entre Battery Park et Liberty Island… Je suis mortifiée !
D’autant plus que ma situation empire à une vitesse vertigineuse : la lumière du jour me fait mal et je commence à tituber. Si ça continue, je sens que je vais m’étaler, comme ça, au milieu du pont. Je ferme un instant mes paupières en essayant de maintenir un équilibre de plus en plus chancelant.

Animateur surexcité

C’est le moment que choisit un animateur surexcité pour s’emparer d’un micro, souhaiter la bienvenue à tout le monde et rappeler à tout le bateau que la Liberté éclairant le Monde est l’œuvre du sculpteur Bartholdi. La voix amplifiée déborde d’enthousiasme. Le micro, bloqué à sa puissance maximale, n’est pas très bien réglé : il crachote un peu. On ne comprend pas très bien. Du coup, ma voisine italienne n’écoute pas. Elle préfère hurler par dessus la voix de l’animateur et lire le résumé de son guide à son mari… Qui n’écoute pas non plus, trop occupé à prendre en photo ses enfants, leurs couronnes en mousse verte et la skyline en décor de fond. Mais la dame est têtue : elle insiste… et lit plus fort ! Franchement, si on n’arrive pas très vite, je vais avoir un malaise ! Et n’y a-t-il donc personne pour régler ce micro ?
Agrippée à ma balustrade, les yeux fermés, je fais semblant de profiter de l’air marin, mais comme je dois être blanche comme un linge, ça m’étonnerais que quiconque soit dupe. La statue de la Liberté étant fermée pour travaux, mon intention première était de débarquer sur Ellis Island et de parler du musée de l’Immigration…
Vu ma situation, je vais revoir mes plans. Liberty Island s’approche. Je vais débarquer comme je peux. Avec un peu de chance, une pelouse m’accueillera le temps que mon estomac reprenne sa véritable place. Puis, je prendrai mon courage à deux mains pour ré-embarquer sur le premier ferry de retour. Et oui, c’est ça le problème : il va falloir rentrer et, à part le ferry, je n’ai pas beaucoup d’autres solutions. C’est dommage, quand même… parce que j’aurais bien voulu parler du musée de l’Immigration… C’est dommage… Et puis, vraiment, j’aime bien les bateaux…

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