En direct du Superbowl

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Si vous n'avez pas eu la chance d'assister à la finale du championnat de football américain, soyez rassuré : notre chroniqueuse Agnès était aux premières loges... dans un bar de New York !

Agnès

Explosion de cris enthousiastes et de commentaires flatteurs, suivie immédiatement de soupirs désappointés, voire même désespérés, pour certains… J’en déduis qu’ils ont failli marquer, mais que finalement… non !  » Ils « , les San Francisco 49ers, affrontent les Baltimore Ravens en finale du Superbowl, et ils se font malmener. Enfin, j’ai l’impression… La finale du championnat de football américain est une affaire des plus sérieuses et soulève l’enthousiasme des foules. Le bar, une des plus anciennes tavernes de New York, est plein à craquer. Quatre écrans géants ont été installés pour l’occasion et une armée de serveuses virevoltent entre les supporters, les bras chargés de pichets de bière et de plateaux.
Entre deux cris, mon voisin, les yeux rivés anxieusement sur l’écran (il est de San Francisco, son équipe est à la traîne, ça le rend nerveux !), m’explique que la finale du Superbowl est L’ÉVENEMENT DE L’ANNÉE, un événement qu’il n’a pas raté depuis l’âge de 7 ans. C’est à ce moment que, sur les écrans, un des joueurs de San Francisco tentent une échappée et se fait plaquer (avec une violence inouïe !) par quatre balèzes de Baltimore. Déçu (mais pas inquiet pour le joueur qui vient de se faire renverser par quatre bulldozers…), mon voisin retombe le nez dans son verre.

Des bras gros comme des baobabs

Ma connaissance du football américain se résume aux cinq saisons de la série Friday Night Lights ! Par contre, toutes les personnes qui m’entourent ont grandi, initiées dès leur plus jeune âge aux mystères de ce sport, rempli de mots comme Quaterback , Runninback et Yard, de combinaisons stratégiques et de règles tellement nombreuses que j’ai l’impression qu’ils les inventent au fur et à mesure.
J’ai un voisin de table sympathique qui, bien que de plus en plus soucieux pour son équipe, m’explique avec bonne grâce ce qui se passe sur le terrain. C’est simple : Baltimore, que personne n’attendait, est en train de gagner !
76 000 spectateurs dans le stade de la Nouvelle-Orléans. Le ballon, lancé par un joueur avec des bras gros comme des baobabs traverse le terrain comme un boulet de canon. Tous les joueurs courent, se rentrent dedans et… Faute ! Mon voisin m’explique qu’ils ne sont pas restés sur je ne sais pas quelle ligne. Bref, San Francisco recule de 5 yards et ça recommence : on jette la balle, on court, on se rentre dedans et… Faute ! Cette fois, le joueur n’avait pas les deux pieds dans le terrain, du coup, ça ne compte pas. Sur le terrain, les deux équipes se piétinent. Malheur à celui qui, stoppé en pleine course, virevolte dans les airs avant de retomber lourdement sur le sol pour aussitôt disparaître sous 3 ou 4 gars qui doivent tous faire plus de 100 kilos ! Et en plus, l’équipe du malheureux est punie parce qu’il a lâché la balle… Mon voisin est en rogne. Mais, dites donc !… Allez vous cramponner à un ballon alors que quatre colosses se jettent sur vous !!
Malgré l’enjeu, l’ambiance du bar est bon enfant : on s’extasie sur les belles actions, on apprécie le spectacle, on s’emballe dès qu’un joueur se met à courir… Touchdown pour Baltimore ?… Le bar, comme un seul homme se lève en hurlant et les serveuses apportent une nouvelle tournée !

Touchdown pour San Francisco !

21 à 6 à la mi-temps et Beyoncé qui fait le show au milieu d’une explosion pyrotechnique. Franchement, je ne comprends toujours pas la moitié de ce qui se passe sur le terrain, mais je me laisse volontiers entraîner par l’ambiance. D’autant plus qu’à la seconde mi-temps, les choses changent brusquement. Une coupure de courant interrompt le jeu pendant un moment et, à la reprise, c’est une équipe de San Francisco gonflée à bloc qui se jette sur le terrain.
Dans le bar, la tension est montée d’un cran. Ceux de San Francisco remontent au score ; ils attaquent (Traduction : il y a certains joueurs de Baltimore qui vont avoir de gros bleus !) ; ils marquent ! Je n’ai pas vraiment de préférence pour une équipe, mais le terrain vient de se transformer en une arène où des gladiateurs se livrent un combat sans merci. Les supporters du bar ne sont pas déçus de leur soirée. Touchdown pour San Francisco ! Mon voisin effectue une petite danse et m’offre à boire. Nouveau touchdown ! Plus que 2 points d’écart… Si San Francisco gagne, je me sens prête à effectuer une petite danse…

(P.S. : Résultat final : 34 à 31 pour Baltimore).

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