All that jazz…

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C'est l'hiver à New York… Pas un temps à mettre une chroniqueuse dehors ! Alors Agnès révise ses classiques : elle est retournée voir la comédie musicale Chicago… pour la 3ème fois.

Broadway et ses théâtres
Broadway et ses théâtres. (Photo Agnès Yobrégat)

La bonne attitude, c’est le secret. Face aux températures polaires, au froid et à la neige qui menacent de durer jusqu’à la fin du monde, se le répéter comme un mantra : bonne attitude, bonne attitude ! Pas facile quand dans la presse s’étalent des gros titres du genre : « Il fait froid et ce n’est pas près de s’arranger, bon week-end ! »
Le problème cependant est, qu’à part une poignée de bonnes initiatives mises en œuvre dans l’attente de jours meilleurs (soirée déguisée « Hawaï » à Bushwick, les Repas du Jedi – tous les jeudis, dîner entre amis. Ceux qui appellent le jeudi thursday réclament systématiquement une explication et semblent moins sensibles à la blague), les choses marchent un peu au ralenti. Même mon voisin le Hipster semble être à court d’enthousiasme, c’est dire. Son pic d’activité ces dernières semaines consiste en un marathon Game of Thrones. Quand les séries télévisées prennent le pas sur les Hipsters, il est grand temps de réagir. Et de revenir aux basiques : la comédie musicale Chicago sur Broadway !

Fendre la télévision en deux

Quand je lui ai agité mon ticket sous le nez, le Hipster a à peine levé les yeux de son écran pour me demander d’un ton incrédule pourquoi je tenais tant à faire « ce truc de touristes… » (La première réponse qui m’est venue à l’esprit c’est que si je regarde encore la moitié d’un épisode de Game of Thrones, je vais me trouver une hache et fendre la télévision en deux).
Secundo, mon cher ami, je suis une touriste ! Et j’espère bien toujours le rester, tant New York est une ville qui donne en permanence l’impression de la découvrir pour la première fois. D’ailleurs, je compte bien mettre à profit les semaines qui viennent pour réviser mes classiques : MoMA, MET, Guggenheim et le sommet de l’Empire State building (quoique… Je vais attendre qu’il fasse un peu plus chaud pour ce dernier). Et Chicago. Autant le dire, je ne suis d’ordinaire pas une grande fan des shows musicaux. Exception faite de Chicago !

Les aventures de Roxy et Velma

Tout d’abord, j’aime l’Ambassador Theater. Un peu biscornu, un peu à l’écart, avec des ampoules surplombant ses portes en cuivre doré, la salle conserve à l’intérieur un certain cachet rétro qui me plaît bien. Et surtout, il est des histoires et des chansons dont on ne se lasse pas. Les aventures de Roxy et de Velma tiennent l’affiche depuis 19 ans et, à en juger par l’affluence du public ce soir, les deux pin-ups ne sont pas prêtes de quitter New York pour rentrer à Chicago. La salle est pleine et j’ai à peine le temps de penser une nouvelle fois (j’ai vu le show 3 fois…) que le spectacle le plus emblématique de Broadway mériterait une scène plus grande que les lumières s’éteignent. Et pendant plus de deux heures, l’hiver est oublié. Pas de réelle surprise, cependant : tout le monde connaît l’histoire. Roxy Hart et Velma Kelly sont belles, manipulatrices et totalement dénuées de scrupules. Elles dansent et chantent divinement bien et le public est conquis d’avance. Toutes les chansons étant des tubes, les gens applaudissent à tout rompre à chaque mesure. Certains autour de moi se permettent même de fredonner les paroles.

Mister Cellophane

Mais celui qui se taille la part du lion est le mari de Roxy Hart. Dès les premières notes de Mister Cellophane, la salle est debout et le comédien, sûr de son succès, ne se prive pas de cabotiner. Le moindre de ses mouvements déclenche l’hilarité. C’est son grand moment et l’acteur bedonnant fait ce qu’il faut pour en profiter à fond. Il faut le comprendre. Pour quelques minutes à peine, il n’y en a pas que pour les deux bombes en justaucorps noirs et bas résille. Si ça se trouve, l’acteur est le même depuis le début. Presque 20 ans à interpréter chaque soir le même personnage, un seul et unique solo. Presque 20 ans à attendre patiemment que les stars aient fini leur numéro pour enfin entrer dans la lumière, briller pendant 5 minutes et retomber dans l’ombre aussi sec. J’aurais presque tendance à trouver ça tragique, excepté qu’au vu des applaudissements qui font trembler les murs de l’Ambassador à la fin de la chanson, l’acteur a l’air d’y trouver son compte…
La bonne attitude, donc. Je suis rentrée à la maison le cœur léger en dansant (discrètement) dans le métro. A la maison, le Hipster s’ennuyait ferme devant la télévision. Je pense que si je décide de revoir Chicago une 5ème fois, il est prêt à venir avec moi.

A propos d’Agnès

AgnèsAgnès Yobrégat a plusieurs casquettes : chroniqueuse ici-même mais aussi comédienne, metteur en scène, scénariste et écrivain. Son dernier livre est d’ailleurs consacré à sa ville préférée, New York.
« New York Petits voyages & Grandes histoires » est un carnet de voyage virevoltant, qui vous emmènera de Central Park à Ellis Island, en passant par Chinatown et Wall Street. Le tout accompagné de photos signées Francisco Dussourd. A retrouver sur Amazon.

1 commentaire

  1. Je suis d’accord avec ta critique ! Chicago est une comédie musicale culte de Broadway à ne pas rater lors d’un voyage à New York (peut-être après Billy Elliot et Wicked :p)

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