Un sénateur veut compliquer l’entrée aux Etats-Unis pour les Européens

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Après les attentats à Paris, des élus républicains demandent la suspension de l'exemption de visa pour plusieurs pays européens, dont la France et la Belgique.

Rand Paul veut se présenter à la présidentielle de 2016. (Photo G. Skidmore)

Pour vous rendre aux Etats-Unis aujourd’hui, la procédure est très simple si vous êtes Européens : vous devez simplement être en possession d’un passeport biométrique, électronique ou à lecture optique en cours de validité et faire une demande d’autorisation d’entrée sur le territoire américain, l’ESTA. Cette autorisation est à remplir 72h avant votre départ sur le site officiel de l’ESTA et il vous en coûtera 14 dollars. Si vous n’êtes pas fiché pour terrorisme ou grand banditisme, vous obtiendrez l’autorisation dans la minute sans aucun problème. Sans jeu de mots, c’est une formalité et vous n’aurez absolument aucune difficulté pour entrer sur le territoire américain. Voir cet article qui vous explique comment bien remplir l’ESTA.
Les ressortissants de 38 pays, dont 23 pays de l’Union européenne et la Suisse, profitent effectivement d’un programme dit « d’exemption de visa » qui leur permet d’entrer aux Etats-Unis sans avoir à demander un visa. Et réciproquement pour les touristes américains qui viennent en Europe. Mais cette exemption de visa est aujourd’hui menacée.

Une période d’attente de 30 jours

Après les attaques terroristes à Paris menées par des djihadistes de nationalité française et belge, le sénateur américain Rand Paul et plusieurs parlementaires républicains montent au créneau en demandant que le programme d’exemption de visas soit suspendu pour les ressortissants de plusieurs pays, dont la France. Le candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle 2016 vient même de déposer une proposition de loi qui changerait les règles : les touristes français devraient passer par une période d’attente de 30 jours au cours de laquelle l’immigration américaine procèderait à des vérifications sur les identités et les dossiers.
« Ce qui m’inquiète, c’est que des citoyens français qui nourrissent une grande hostilité envers la civilisation, votre gouvernement et la paix, puissent nourrir la même hostilité envers nous et monter dans un avion pour venir ici », a-t-il justifié.
Reste à savoir si un tel projet de loi aboutira. Si le Congrès américain est majoritairement tenu par les Républicains et peut donc aisément adopter la nouvelle loi, on ne connaît pas encore la position de Barack Obama sur le sujet. Or le président américain a un droit de veto qui peut lui permettre d’annuler toute loi votée par le Congrès. Un droit de veto qu’il n’hésite pas à utiliser face aux Républicains. Dernier exemple en date : Barack Obama a annoncé qu’il opposera son veto à un loi adoptée hier par la chambre des représentants ordonnant l’arrêt de l’accueil de réfugiés syriens sur le territoire américain.

4 commentaires

    • Non ce n’est pas effectif. Comme je l’explique dans l’article, c’est une proposition de loi. Elle doit être étudiée par le Sénat, avant éventuellement d’être adoptée. Puis Barack Obama peut poser son veto et empêcher son application. Donc rien n’est fait pour l’instant. Je continuerai à suivre ce qu’il se passe et à vous informer sur le site 😉

      • Bonjour,

        Nous partons avec mes filles au mois de Juillet 2016, tout est réservé et j’ai déjà fait mes demandes ESTA qui ont été acceptéeS,
        Comment ça se passerait si la loi était adoptée ??
        Merci de votre réponse

        • Rien ne dit que la loi sera adoptée, d’autant qu’Obama a son droit de veto. Pour l’heure, rien ne change. Mais je suis de près l’affaire !

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