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Comédienne, metteur en
scène, écrivain et scénariste,
Agnès Yobregat dévore les livres et les films
sur New York, sa ville préférée. Elle
est la bloggueuse du site leschroniquedagnes.com.
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AGNES,
LIVE FROM NEW YORK
Derrière l'écran
Déambuler dans Manhattan
; c'est être dans un film ! C'est la ville qui veut
ça ! Et les références ne manquent pas.
Direction le Queens et les anciens studios d'Astoria,
reconvertis en "Museum of the moving image", le
musée du cinéma.
Dès la galerie des costumes, à côté
d'une combinaison immettable, époque Cosmos 99, je
tombe en arrêt devant les robes des vamps de Chicago !
Je devrais être réaliste, mais je ne le suis pas. Je
m'imagine sans mal chantant et dansant, vedette de comédie
musicale ! Jusqu'à ce que la vérité me saute aux
yeux : la ravissante petite chose pailletée, en face de moi,
est taillée pour une actrice scandaleusement mince ! Mon
rêve s'écroule ! Je ne remonterai pas Broadway sur l'air
de All That Jazz. Ou peut-être en chantant
doucement
La salle des monstres qui suit heurte encore un peu plus mon ego.
Zombies, loups-garous et autres créatures maléfiques le
certifient : le show-bizness est vraiment un monde cruel ! Peu
d'options : soit rentrer dans une micro-robe, soit tenter une
carrière, le visage caché sous un masque poilu de La
Planète des Singes. A moins de décrocher le
rôle de l'héroïne hurlant de terreur d'un bout
à l'autre du film
Heureusement, la Force est avec moi. Derrière sa vitrine,
Maître Yoda me fait un signe. Le responsable de la
sécurité ne partage pas mon enthousiasme. Il faut dire
que je ne l'aide pas beaucoup. Yoda, celui de La Guerre des
Etoiles est juste devant moi ! Alors, ce brave gardien peut bien
m'ordonner de lâcher la vitrine en me jurant que ce n'est pas
un vrai petit bonhomme aux oreilles pointues, je n'entends rien. Je
devrais appeler Luke Skywalker. Pour avoir la paix, je fais mine de
m'intéresser au mur d'affiches. Le choix est vaste. Le
Parrain, Taxi Driver, Star Wars, Scarface
Soucoupes volantes et météo
Le gardien me surveille toujours. Depuis l'épisode Yoda, il se
méfie. L'air de rien, je déjoue son attention et
m'attarde devant les stations interactives. Un hologramme me confirme
ce que je savais déjà : je porte mieux la robe blanche
de Marilyn que l'armure d'une Tortue Ninja ! Je suis en train de
m'essayer au doublage, quand la sécurité intervient une
nouvelle fois. Il parait que je monopolise les écrans de
trucages. Faux ! Je ne monopolise rien du tout : je présente
la météo et, à l'occasion, je fuis une invasion
de soucoupes volantes. Sacrée journée !
Un peu étourdie, je me retrouve sur le trottoir devant les
studios. Mes yeux ont du mal à se réhabituer à
la lumière du jour. J'ai l'impression d'être Mia Farrow
dans La Rose Pourpre du Caire. Après tout, nous sommes
à New York, je suis plutôt heureuse de finir chez Woody
Allen. D'autant plus que, juste avant que les lumières ne se
rallument dans la salle, je me suis souvenu d'un autre gardien de
cinéma. Déjà, à l'époque, il
devait rattraper la petite fille qui n'arrêtait pas de se
faufiler derrière l'écran. Elle voulait savoir
où partaient les personnages du film après la fin du
générique.
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