Gossip Girl

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Gossip Girl n'est pas seulement une série télé américaine à succès, c'est aussi un état d'esprit… Démonstration !

Agnès

Solution pour résister au froid : s’emmitoufler dans une couverture et regarder Gossip Girl ! Oh, ça va !… Tout le monde regarde les séries télé ! Peut-être pas forcément Gossip Girl… Question de goût ! Résumons : Gossip Girl met en scène la jeunesse dorée de Manhattan. Dans le très chic Upper East Side, des jeunes gens beaux, riches et habillés haute couture, fréquentent les écoles privées et ont les pires problèmes de la terre : un site de ragots colporte leurs moindres faits et gestes. Faites un faux pas sur la 5th ? Park Avenue est déjà au courant et vous pouvez dire adieu à votre réputation et à votre invitation à la prochaine soirée mondaine !
Jusqu’à présent, mon seul intérêt pour l’Upper East Side était qu’il regroupait certains des musées les plus célèbres de la planète (Guggenheim, Met, Frick…), mais la série a le mérite de soulever de vrais questionnements : est-ce vraiment ainsi que les choses se passent entre Central Park et l’East River ? A part se perdre dans des relations sentimentales compliquées, que fait l’élite new-yorkaise de ses journées ? Profitant d’un petit rayon de soleil, je décide d’en avoir le cœur net, d’éteindre ma télévision et d’aller mener l’enquête sur le terrain.

Un club assez fermé

Tenter de percer les secrets de la haute société n’est pas chose aisée. Je m’en aperçois vite. Madison Avenue regorge de magasins de luxe. De belles élégantes, chargées de paquets, sortent en trombe des boutiques et s’engouffrent dans des limousines. Aucune ne semblent disposée à lier connaissance et à répondre à mes questions : Est-ce vraiment votre voiture ? Toutes vos vacances dans les Hamptons, sérieusement ? Comment faites-vous pour marcher avec des talons aussi hauts ? Je n’ai pas plus de succès avec les portiers des hôtels particuliers. Visiblement, une clause de confidentialité les lie avec les héritiers des familles Rockfeller et Astor : motus et bouche cousue ! Et aucune série-addict n’est autorisée à pénétrer dans le hall !
C’est bien ce que je craignais : les habitants de l’Upper East Side forment un club assez fermé. A moins de montrer patte blanche (c’est à dire de justifier d’une ascendance prestigieuse et/ou d’un compte en banque conséquent), il y a peu de moyen d’y pénétrer.
Abandonnant l’espoir de jouer au tennis avec l’arrière petite fille de Cornélius Vanderbilt, je me rabat sur l’autre aspect de la série : les ragots ! Au moins, question gossip, je suis en terrain connu… Quel que soit le quartier, le meilleur endroit pour récolter les derniers potins à la mode est toujours le café du coin. C’est à dire, dans le cas présent, un salon de thé donnant sur Park Avenue.

Sharon, Brad et Sybil

M’installant à une table, je commande un chocolat en tendant l’oreille, tout en faisant mine de lire (le titre français du livre bien en évidence ! So chic ! D’un autre côté, le doute m’assaille : ne suis pas en train de confondre un salon de thé de Park Avenue avec le Café de Flore ?)
J’ai de la chance : à ma droite, un groupe d’élégantes jeunes femmes est justement en plein commentaire sur le mariage d’une certaine Sharon. Et Sybil n’a toujours pas reçu d’invitation… Le drame ! Gossip, ou l’art de parler de ceux qui ne sont pas là… Visiblement, pour l’instant, les opinions penchent du côté d’un service postal défectueux. D’un autre côté, si on me demande mon avis (on ne me le demande pas, bien sûr, mais je le donne quand même mentalement…) si Sybil n’a pas reçu d’invitation alors que toutes ses copines l’ont eu il y a trois semaines, c’est qu’elle n’est pas invitée au mariage !
Maintenant, je ne sais pas ce qui s’est passé entre Sharon et Sybil… Je ne le saurais jamais parce qu’il est à présent question de Brad et du coup fil qu’il a passé à l’une des jeunes femmes. Je commence à m’ennuyer. Je ne connais qu’un seul Brad, Brad Pitt et ça m’étonnerais qu’il soit question de lui, quand même… Si ?
Ça m’apprendra à ignorer la règle fondamentale du gossip : si on ne connaît pas un minimum les personnes sur lesquelles on déblatère, cela n’a qu’un intérêt très limité. En remontant Park Avenue pour rejoindre le métro, je longe les spectaculaires sculptures de Will Ryman. Des roses géantes et des coccinelles gigantesques ?… En plein mois de février ? L’Upper East Side est définitivement un monde à part.

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