Coronavirus : les compagnies aériennes risquent-elles de faire faillite ?

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Avec un trafic aérien quasiment à l'arrêt aux quatre coins du monde, les compagnies aériennes subissent de plein fouet la crise du coronavirus. Quelles sont les compagnies aériennes les plus fragiles et celles qui devraient passer le cap ?

Boeing 787 Norwegian Airlines
Un Boeing 787 de Norwegian Airlines sur le tarmac à l'aéroport d'Oslo. (Photo DR)

Les compagnies aériennes quasiment à l’arrêt à cause du coronavirus

  • Selon IATA, l’Association internationale du transport aérien, la crise du coronavirus a des répercussions catastrophiques pour les compagnies aériennes. La crise va entrainer « une chute des revenus de ventes de billets passagers des compagnies aériennes de 314 milliards de dollars en 2020, ce qui représente un déclin de 55% comparativement à 2019 ». Cette estimation publiée le 14 avril 2020 aggrave d’ailleurs la prévision précédente établie le 24 mars 2020. Celle-ci tablait alors sur un manque à gagner de 252 milliards de dollars.
  • Les compagnies aériennes essuient jour après jour des manques à gagner records, à l’image d’Air France. Une syndicaliste de la compagnie aérienne parlait hier d’une perte de 25 millions d’euros par jour pour Air France. Même ordre de grandeur chez l’allemande Lufthansa : le PDG, Carsten Spohr, avance le chiffre de 24 millions d’euros par jour pour le groupe qui comprend Lufthansa, Austrian Airlines, Swiss et Brussels Airlines.
  • Or la reprise du trafic aérien est liée à la levée des mesures de confinement et à la réouverture des frontières, elles-mêmes dépendantes de l’évolution imprévisible de la pandémie… Le 13 avril 2020, le Président américain Donald Trump a d’ailleurs prolongé l’interdiction d’entrée sur le territoire pour les voyageurs européens jusqu’à nouvel ordre. Dans ces conditions, il est impossible de faire la moindre prévision.

Quelles sont les compagnies les plus fragiles ?

Face à la crise, les compagnies aériennes ne sont toutefois pas logées à la même enseigne. Certaines auront moins de souci à se faire que d’autres et, si vous avez pris vos billets sur ces compagnies, vous devriez ne pas perdre un seul centime au final.

Les compagnies qui devraient s’en sortir

  • L’ensemble des gouvernements ont clairement affirmé qu’ils viendraient au secours des pavillons nationaux ou des compagnies dans lesquelles l’État est actionnaire. En France, c’est le cas d’Air France. Le ministre de l’économie a, à plusieurs reprises, indiqué que l’État soutiendra Air France « quoi qu’il en coûte », pour reprendre l’expression du Président Emmanuel Macron. Le 24 avril 2020, Bruno Le Maire a d’ailleurs annoncé l’octroi d’un prêt d’un montant total de 7 milliards d’euros à Air France.
  • Le groupe Lufthansa pourra lui aussi compter sur le soutien du gouvernement allemand. Même chose pour British Airways qui sera soutenu par le gouvernement britannique. Les deux gouvernements ont déjà clairement précisé leurs intentions d’intervenir. En Italie, le gouvernement italien est même allé jusqu’à déclarer qu’il était prêt à nationaliser Alitalia.
  • Si vous avez des billets Air France, Lufthansa, British Airways, Alitalia ou toute autre grande compagnie nationale européenne, vous pouvez être tranquille. Ces compagnies devraient survivre à la crise !
  • Aux États-Unis, les grandes compagnies devraient là aussi s’en sortir. Le 15 avril 2020, le Trésor américain a annoncé une aide de 25 milliards de dollars pour les 10 plus grandes compagnies. American Airlines a précisé qu’elle se verra attribuer 5,8 millions de dollars. Delta Air Lines parle de 5,4 milliards de dollars. United Airlines et la low-cost Southwest Airlines font elles aussi partie des compagnies qui seront soutenues.

Quelles sont les compagnies aériennes à risque ?

  • Reste la question qui inquiète toute le monde : quelles sont les compagnies aériennes qui risquent de faire faillite à cause du coronavirus ?
  • Tous les regards se tournent vers la low-cost Norwegian, qui connaissait déjà d’importantes difficultés financières avant même le Covid-19. La compagnie est écrasée par une dette qui s’élève à 3 milliards d’euros. Le 20 mars 2020, le gouvernement norvégien a accepté de garantir près de 500 millions d’euros de prêts bancaires. Mais Norwegian devra bien rembourser un jour… Et les mauvais signaux s’accumulent : le 15 avril 2020, la compagnie aérienne a annoncé qu’elle n’était pas en mesure de verser les salaires de ses employés britanniques…
  • La situation sera tendue aussi pour les petites compagnies indépendantes, notamment French Bee, La Compagnie Boutique Airlines ou Air Austral. Le 14 avril 2020, le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (SCARA), qui regroupe près de la moitié des compagnies aériennes françaises, a appelé l’État français à ne pas réserver son soutien au seul groupe Air France. « Si on peut comprendre l’intervention de l’État auprès du groupe Air France en sa qualité d’actionnaire, celle-ci ne doit pas se limiter aux seules compagnies aériennes qui le composent », écrit le SCARA dans un communiqué.

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B777 Air Austral
Un Boeing 777 aux couleurs d’Air Austral. (Photo Anna Zvereva)

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